Barbarie Française

Rédigé par LLM le 14 juillet 2016

Y a des types qui sont fiers d’être français. C’est pas moi, nom de Dieu ! Quand je vois les crimes que nous, le populo de France, nous laissons commettre par la sale bande de capitalistes et de gouvernants qui nous grugent — eh bien, là franchement, ça me coupe tout orgueil !

Au Tonkin par exemple, dans ce bondieu de pays qu’on fume avec les carcasses de nos pauvres troubades, il se passe des atrocités.

Chacun sait que les Français sont allés là-bas pour civiliser les Tonkinois : les pauvres types se seraient bougrement bien passés de notre visite ! En réalité, on y est allé histoire de permettre à quelques gros bandits de la finance de barboter des millions, et à Constans de chiper la ceinture du roi Norodom.

Ah nom de dieu, il est chouette le système qu’emploient les Français pour civiliser des peuples qui ne nous ont jamais cherché des poux dans la tête !

Primo, on pille et chaparde le plus possible ; deuxiémo, on fout le feu un peu partout ; troisiémo, on se paie de force, pas mal de gonzesses tonkinoises — toujours histoire de civiliser ce populo barbare, qui en bien des points pourrait nous en remontrer.

Ca c’était dans les premiers temps, quand on venait d’envahir le pays ; c’est changé maintenant, mille bombes, tout est pacifié et les Français se montrent doux comme des chiens enragés.

Pour preuve, que je vous raconte l’exécution du Doi Van, un chef de pirates, qui avait fait sa soumission à la France, puis avait repris les armes contre sa patrie, à la tête de troupes rebelles.

Pas besoin de vous expliquer ce baragouin, vous avez compris, pas les aminches ? Les pirates, les rebelles, c’est des bons bougres qui ne veulent pas que les Français viennent dans leur pays s’installer comme des crapules ; c’est pas eux qui ont commencé les méchancetés, ils ne font que rendre les coups qu’on leur a foutus.

Donc, Doi Van a été repincé et on a décidé illico de lui couper le cou. Seulement au lieu de faire ça d’un coup, les rosses de chefs ont fait traîner les choses en longueur. Nom de dieu, c’était horrible ! Ils ont joué avec Doi Van comme une chat avec une souris.

Une fois condamné à mort, on lui fout le carcan au cou, puis on l’enferme dans une grande cage en bois, où il ne pouvait se remuer. Sur la cage on colle comme inscription : Vuon-Vang-Yan, traître et parjure. Après quoi, huit soldats prennent la cage et la baladent dans les rues d’Hanoï. A l’endroit le plus en vue on avait construit une plate-forme ; c’est là qu’on a coupé le cou à Doi Van avec un sabre — après avoir fait toutes sortes de simagrées dégoûtantes.

L’aide du bourreau tire Doi Van par les cheveux, le sabre tombe comme un éclair, la tête lui reste entre les mains, il la montre à la foule et la fait rouler par terre. On la ramasse car elle doit être exposée au bout d’un piquet, afin de servir d’exemple aux rebelles.

Ah, nom de dieu, c’est du propre ! Sales républicains de pacotille, infâmes richards, journaleux putassiers, vous tous qui rongez le populo plus que la vermine et l’abrutissez avec vos mensonges, venez donc encore nous débiter vos ritournelles sur votre esprit d’humanité ?

Vous avez organisé bougrement de fêtes pour le centenaire de 89 — la plus chouette, celle qui caractérise le mieux votre crapulerie, c’est l’exécution du Doi Van. C’est pas sur un piquet, au fin fond de l’Asie, dans un village tonkinois, qu’elle aurait dû être plantée, cette tête.

Foutre non ! Mais c’est bien au bout de la tour Eiffel, afin que dominant vos crimes de 300 mètres, elle dise, cette caboche, au monde entier, que sous votre républicanisme, il n’y a que de la barbarie salement badigeonnée.

Qui êtes-vous, d’où venez-vous, sales bonhommes, vous n’êtes pas nés d’hier ? Je vous ai vus, il y a dix-huit ans, votre gueule n’a pas changé : vous êtes restés Versaillais ! La férocité de chats tigres que vous avez foutue à martyriser les Communeux, vous l’employez maintenant à faire des mistoufles aux Tonkinois.

Que venez-vous nous seriner sur les Prussiens, les pendules chapardées, les villages brûlés ? (...) Ils n’ont pas commis, nom de dieu, la centième partie de vos atrocités, Versaillais de malheur !

Ah, vous n’avez pas changé ? Nous non plus : Versaillais vous êtes, Communeux nous restons !

Émile Pouget

Le Père Peinard, n°45, 12 Janvier 1890

Source :

LDH de Toulon : http://ldh-toulon.net/barbarie-francaise-par-Emile.html

Classé dans : Divers, Militantisme - Mots clés : aucun -

Au travail !

Rédigé par LLM le 19 février 2016

Il y a quelques mois, je me lançais dans un détricotage de la pensée keynésienne actuellement sur le retour, en particulier dans des partis spécialement créés pour l'occasion tel que Nouvelle Donne par exemple. La fumisterie keynésienne est une anesthésie : par l'action de prétendre redonner un peu de valeur au travail exploité, elle empêche de penser plus loin, prétendant avoir réglé le problème.

J'avais donc commencé par expliquer un point de départ de mon analyse : le travail, au sens large. J'ai ensuite commencé à plancher sur les autres sujets : le salaire, le travail salarié, le profit, la valeur... Et plus je tissais, plus le fait de démonter la fumisterie keynésienne semblait presque hors de propos, anecdotique.

En effet, lorsque les mécanismes du travail, du salaire, du profit, du prix, de la valeur sont connus, le keynésianisme ne peut qu'apparaître comme, au mieux, une "fausse bonne idée". Alors quoi ? On s'arrête là ?

Non. Car le keynésianisme n'est qu'une facette d'un problème : le capitalisme.

Sauf que le Capital, il a déjà été expliqué.

Alors quoi, on arrête là ? "cf. Le Capital, Marx et Engels, 1894 Editions Plon" ?

Non. Parce que si les mécanismes ont été décrits et sont toujours à l'œuvre aujourd'hui, il n'y a pas besoin de le lire pour comprendre comment ça fonctionne "en gros". Et au final, c'est ça qui m'intéresse : que les gens qui me lisent comprennent "en gros". Je ne suis pas un expert, et pour les détails et les conversations poussées, on peut toujours en discuter par la suite. Comprendre le mécanisme général est un pas primordial dans la compréhension d'un système complexe. Voyez ça comme un pied à l'étrier, forcément incomplet mais le plus juste possible.

On peut simplement comprendre le capitalisme, comment il fonctionne, pourquoi il est, par nature, préjudiciable au bien commun et donc à nous tous. On peut TOUS le comprendre. Et c'est vital pour comprendre le monde d'aujourd'hui, ce qui se prépare demain, l'Histoire et ne pas se tromper de cible dans notre colère.

Du coup, je vais réorienter la série, qui sera donc plus longue, mais aussi plus complète. Nous allons donc nous intéresser, dans les prochains mois, à essayer de comprendre ce qu'est le Capital et le capitalisme, par une analyse à travers le travail, qui est au centre des préoccupations d'aujourd'hui à travers le sujet du chômage, et en quoi il s'agit bien de la "cause première" de nombreux maux, en dégommant quelques fumisteries au passage (sur le chômage, le temps de travail, la nécessité du patronat, le poids des "charges" des entreprises, la pensée keynésienne, le revenu de base, etc.).

Parce que le Capital, c'est capital.

(meilleure punchline de tous les temps)

Crédits photo : bonne question, j'avais ça dans mes images, mais je n'ai pas la source. Mais je vais retrouver et j'éditerai.

Classé dans : Comprendre, c'est Capital - Mots clés : aucun -

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