Le hold-up de Mélenchon sur la gauche

Rédigé par LLM le 10 mai 2017

Aujourd'hui, 10 Mai, est la date d'un phénomène démocratique, ou plutôt anti-démocratique, que beaucoup voyaient venir, mais peut-être pas aussi violemment. Le titre est un peu racoleur, mais pas vraiment éloigné de la réalité.

Hier encore, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, lançait un appel à l'unité. Ce matin, la France Insoumise rompait les négociations de manière unilatérale, et en prétendant faire porter le chapeau aux communistes. Comment prétendre que le PCF ferme la porte alors qu'une déclaration publique quelques heures auparavant annonce le contraire ? C'est absurde.

Pour se dédouaner de toute consigne de vote, Jean-Luc Mélenchon est très fort. Pour le coup, je ne lui reproche pas, j'étais même d'accord avec la démarche au soir du premier tour de la présidentielle. Cependant, je regrette qu'il n'ait pas eu la cohérence de poursuivre son geste jusqu'au bout, et notamment sur la question législative, où aucune question n'a été posée aux "insoumis⋅es". Pour les législatives, ce sont les chefs qui décident, et vous qui suivez ! Sans doute un oubli, puisque beaucoup ne veulent pas croire à un calcul politicien.

Mais nous ne sommes pas là pour jouer les arbitres, car nous n'avons que les déclarations des uns et des autres. Il convient d'analyser ce qu'est, concrètement, en train d'effectuer la "France Insoumise". Penchons nous sur le sujet, c'est très simple.

Tout d'abord, c'est le mépris. Dans un communiqué, Manuel Bompart, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon,  déclare que "La direction du PCF a donc lancé la campagne de tous ses candidats sous le sigle du PCF, membre d’un Front de Gauche pourtant aujourd’hui inexistant". Inexistant, le Front de Gauche ? Selon qui ?

Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon

Il faut remonter juste avant la fondation de la "France Insoumise". Jean-Luc Mélenchon annonce, de manière absolument unilatérale et sans consultation, la fin du Front de Gauche. Ce à quoi le PCF, Ensemble, R&S et tous les autres partis et organisations membres du Front de Gauche répondent que... bah non, en fait. Le Front de Gauche continue de vivre, même si Monsieur Mélenchon ne l'entend pas de cette oreille, lui qui veut sans doute être le seul à avoir un "mouvement unitaire", mais dirigé par lui. Lors de cette dissolution auto-proclamée et concrètement sans objet, Jean-Luc Mélenchon déclarait :

J’en ai assez de devoir rendre des comptes pour des situations qui m’ont été imposées de force et que je désapprouve totalement. Les déclarations unitaires suivies de noirs sectarismes, les « constructions originales » qui sont des feuilles de vignes sur les vieilles pratiques bureaucratiques, rien de tout cela ne correspondait déjà à la période précédente. Dans le contexte, c’est tout simplement le néant groupusculaire assuré.

C'est étrange comme dans un sens on condamne les "noirs sectarismes" pour l'appliquer soi-même derrière aux autres... Sans compter que pour un mouvement qui compte défendre l'autodétermination des peuples à disposer d'eux même, il ne faudrait pas trop jouer à celui qui dit quel mouvement unitaire existe et quel mouvement n'existe pas, notamment lorsqu'on n'en fait plus partie.

Mais le plus intéressant n'est pas là.

Toute personne candidate de la "France Insoumise" doit signer la charte. Cette charte établit que :

Celles et ceux qui accepteront cette investiture s’engagent à : soutenir Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle ; faire campagne sur le même programme national : « L’avenir en commun » ; [...] ; se rattacher à l’association de financement « La France insoumise » lors du dépôt de candidature, ce qui inclut la possibilité d’accords de reversement entre cette association de financement et les candidats ou le groupement politique particulier qu’ils désigneront pour la première comme pour la seconde fraction du financement public, ; [...] ; respecter la discipline de vote du groupe lorsqu’une décision collective a été prise conformément au programme l’Avenir en commun ; [...].

Là, c'est le florilège. "Insoumis, mais pas trop".

Tout d'abord, les personnes élues à la députation s'engagent à voter comme des moutons, quel que soit ce que VOUS vous direz à votre député⋅e dans VOTRE circonscription. Pour la défense du peuple et sa représentation, on a vu mieux, quand même. Il me semblait justement que c'était ce qu'on critiquait, l'impossibilité de faire changer d'avis un⋅e député⋅e parce qu'elle ou il votera comme son groupe lui dit de voter ? C'est, de plus, impossible à accepter pour un parti indépendant, qui de plus n'imposerait pas ce mode de fonctionnement à ses élu⋅e⋅s.

Mais surtout, et c'est là que ça devient inacceptable pour n'importe quel parti qui entend poursuivre son action, le financement ira tout droit dans les poches de la France Insoumise, par "possibilité d'accords de reversement". Ce qui est tout bonnement inacceptable, puisqu'on s'engage sur on ne sait quoi niveau financement, et peut-être même à TOUT reverser à la France Insoumise et pas à son parti qui, pourtant, fera campagne pour l'élection. La question des thunes est vitale pour beaucoup d'organisations, et signer que "peut-être on te donnera tout le pognon, bisous" est juste impensable. S'il avait été décidé au préalable un reversement, pourquoi pas, à la limite. Mais là rien n'interdit à la France Insoumise de dire "hey, tu me donnes tout, parce que tu as signé la charte et c'est comme ça". Impossible.

Mais le plus intéressant n'est toujours pas là.

Marc Dolez, co-fondateur du Parti de Gauche

Comment croyez vous que ça marche, une députation ? Je veux dire, comment vous imaginez votre député⋅e ? Comme une personne qui bosse à fond ses dossiers, passe des heures, des jours, des nuits, à comprendre chaque texte de Loi, décrypter chaque événement, lire chacun de ses mails ou courrier ?

Bien sûr que non. Très concrètement, un⋅e député⋅e a un ensemble de "petites mains" qui, en définitive, font l'immense majorité du boulot. C'est tout à fait normal, le travail d'une députation est pour ainsi dire titanesque. Ces personnes sont financées sur les fonds publics, ce qui est normal, et afin d'être sûrs que le travail est accomplit dans le sens de l'élu⋅e, elles sont issues du parti qui a présenté l'élu⋅e.

Est-ce que ces personnes seront issues de la France Insoumise ?

Il semblerait bien que non, aucun travail n'est réalisé en ce sens, et, à partir des informations dont je dispose, ce ne sera pas le cas pour l'immense majorité des circonscriptions. Mais alors, qui fera le travail ? Quel mouvement fournira cette masse de travail, organisera la bonne marche des députations, coordonnera tout ça ? Pas un mouvement, mais un parti, resté bien muet jusque là, le Parti de Gauche, le parti de Jean-Luc Mélenchon.

Et c'est bien là, de cette manière, que s'organise le hold-up. En créant une charte inacceptable pour les autres partis, en verrouillant les décisions des député⋅e⋅s élu⋅e⋅s sous le signe de la France Insoumise, en intégrant son propre parti (et non pas mouvement, qu'il veut pourtant "transpartisan") dans la mécanique de travail et de rémunération des élu⋅e⋅s, fort d'une dynamique pourtant co-construite par toutes les organisations de gauche, Jean-Luc Mélenchon et son parti s'assurent le contrôle total de la gauche.

Je n'ai pas d'autre mot, poli, qui me vient à l'esprit autre que "hold-up".

Alors même que la population réclame l'unité, que toutes les organisations de gauche sont prêtes à y travailler, la force qui se veut "principale" ‑ à tort ‑ organise le détournement et l'appropriation de centaines de milliers de voix, alors même que ces mêmes personnes critiquaient la position d'Emmanuel Macron de ne considérer les voix du second tour que comme des voix d'adhésion à son programme.

Seulement, l'unité n'est pas l'uniformité. Le problème, c'est que c'est nous qui allons payer cette manœuvre dégueulasse et cet entêtement politicien et criminel.

Le temps est à celles et ceux qui défendent réellement l'unité, pas l'uniformité.

Non, Monsieur Mélenchon, nous ne sommes pas votre armée personnelle.

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LP / Olivier Lejeune

Gauche de combat

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Révolutionnaire 8 Mars

Rédigé par LLM le 07 mars 2017

Le 8 Mars est, comme tout le monde le sait, la journée internationale des droits des femmes. Officialisée en 1977 par l'ONU, cette journée a pourtant marqué l'Histoire bien avant, d'une manière qui a encore de très nombreux impacts aujourd'hui, et pas seulement lors de sa création en 1909. En effet, c'est le 8 Mars 1917, en pleine Guerre Mondiale, que commença ce que les historiens appellent aujourd'hui le "court XXe siècle", qui s'achèvera le 26 Décembre 1991 avec la fin de l'URSS. Et ce sont des femmes qui ont initié cette période.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, quelques petits rappels s'imposent. Le premier est, bien évidemment, de ne rien croire sur parole, et de tout vérifier. Le deuxième est de souligner que cette période précise de l'Histoire que je vais décrire ici pose toujours de nombreuses questions, de par le manque d'éléments précis et les nombreuses "rectifications" historiques opérées par le régime socialiste de l'URSS. Le troisième, bien sûr, est que bien que je m'attache à être le plus fidèle et précis possible dans le récit, j'ai bien évidemment un parti pris qui teinte, consciemment et inconsciemment, les propos que je peux relater, quand bien même les voudrais-je les plus objectifs possibles. Le quatrième, enfin, est que ceci est un billet de blog écrit au titre de la détente, et non un travail d'historien ; bien que, encore une fois, je m'attache à relater uniquement des faits qui sont un minimum établis, la manière de les aborder, de choisir lesquels conter et lesquels passer sous silence, ou encore la façon de les traiter n'ont aucun rapport avec un travail d'historien qui devrait relater chacun des faits et éléments en sa possession.

Ceci étant posé, il convient donc de commencer par poser le contexte de cette période. Cela se passait il y a un siècle, jour pour jour.

Il y a un siècle...

 

Nous sommes au début de l'année 1917, en Russie. La Première Guerre Mondiale a éclaté 3 ans plus tôt et ravage le continent européen. D'un côté, les forces du Kaiser et ses alliés étaient préparées à un conflit, et les forces des Empires centraux parviennent à maintenir leurs positions, voire à avancer, malgré le fait de devoir se battre sur deux fronts. Les forces du Tsar, quant à elles, sont dépassées. Si la guerre avait été rapide, les forces russes auraient pu écraser les forces ennemies sous leur nombre et sa cavalerie, mais la guerre s'éternise, et la sous-formation, le sous-équipement des armées ainsi que leur dépassement technologique et stratégique handicape sérieusement toute possibilité de progression.

Cependant, la capacité industrielle de la Russie, extrêmement sollicitée ces dernières années, permet de produire de nombreux nouveaux équipements, notamment de l'artillerie, ce qui permet de maintenir un semblant de front cohérent, bien que les tentatives de percées continuent, globalement, d'être des échecs cuisants.

Mais cette focalisation sur la production de guerre a un effet néfaste : le rationnement, et son impact moral important, d'autant plus que le front n'avance pas. L'hiver a par ailleurs été particulièrement rude, ce qui n'aide en rien.

Perspective Nevski, Saint-Pétersbourg / Pétrograd, 1901

À cette époque, et depuis 1713, la capitale de la Russie est Pétrograd (nommée ainsi en 1914, anciennement et actuellement Saint-Pétersbourg). C'est cette région qui nous intéresse pour notre histoire. Depuis la fin du XIXe siècle, la capitale est le lieu de quasiment toutes les grèves, attentats et révoltes que connaît la Russie, étant donné sa population ouvrière très nombreuse en raison de son essor industriel et portuaire, population sensible aux idées socialistes de l'époque. Le pouvoir impérial y est sévèrement critiqué, jusqu'à assassiner l'empereur Alexandre II en 1881. La plupart des révoltes sont réprimées dans le sang, y compris lors du fameux "Dimanche rouge" qui donnera naissance à la révolution de 1905, conduisant une première fois le Tsar à affaiblir son pouvoir en créant la première Douma, sous la pression populaire, le 27 Avril 1906.

Depuis la création de cette assemblée à contrecœur, le Tsar Nicolas II cherchera par tous les moyens à affaiblir la portée, déjà faible, des pouvoirs de cette institution. Concrètement, la Douma n'a qu'un rôle de "petite gêne" dans le pire des cas, car son rôle est essentiellement consultatif et le Tsar peut la dissoudre en cas de défiance trop importante. Mais cette concession est une insulte au pouvoir absolu du Tsar et une remise en cause de sa légitimité et de son autorité.

Naissance d'une révolte

 

C'est dans ce contexte extrêmement tendu que va naître la révolte. L'ultime crispation commence, dans notre calendrier, le 3 Mars 1917, par la grève des ouvriers de la plus grande entreprise de Pétrograd, Poutilov. Deux jours plus tard, le 5 Mars, une rumeur d'un nouveau rationnement de pain, en raison de la mise en place de cartes de rationnement, déclenche une panique que les autorités n'arrivent pas à juguler. Le lendemain, Poutilov ferme, faute d'approvisionnement, mettant au chômage technique, et donc dans la rue, plusieurs milliers d'ouvrières et ouvriers. Nous sommes le 6 Mars.

Du côté du Tsar, on se veut rassurant. Ce n'est qu'une énième grève qui ne durera pas, et qui sera réprimée sévèrement si le besoin s'en faisait sentir. Sur ces conseils, le Tsar quitte Pétrograd à bord du train impérial en direction de Moghilev, 800 kilomètres au Sud, siège de l'état-major des armées.

Le 8 Mars, à l'occasion de la journée internationale des femmes, des cortèges de femmes, ouvrières, étudiantes ou femmes au foyer, manifestent dans les rues de Pétrograd, aux cris de "Du pain, du travail !", rejointes rapidement par les ouvriers en grève de toute la ville. Dans cette même journée, alors que les rangs grossissent grâce à l'arrivée d'autres ouvriers qui se mettent en grève, les premiers slogans politiques se font entendre, encore timidement : on entend les premiers "Vive la République". La foule acclame un régiment de cosaques qui décide de ne pas intervenir, contrairement aux ordres qu'ils ont reçu. La nouvelle de ce mouvement s'étend.

Manifestation, Saint-Pétersbourg / Petrograd, Février 1917 (calendrier julien)

Le lendemain, plus de cent cinquante mille ouvrières et ouvriers grévistes manifestent dans le centre-ville de la capitale, débordant les cosaques qui se retrouvent sans ordres précis. "Mon cerveau se repose ici", écrira le Tsar à la Tsarine Alexandra le même jour.

Le 10 Mars, la grève est générale. Les slogans ont abandonné les demandes économiques au profit de changements politiques : "à bas la guerre", "vive la République", "à bas l'autocratie", etc. De violents affrontements ont lieu, occasionnant des dizaines de morts et blessés des deux côtés. Toujours sans consignes précises, les autorités n'arrivent pas à restaurer l'ordre. Le Tsar est informé de la situation "préoccupante". Et ses ordres tombent.

De la révolte à la révolution

 

"Faites cesser, par la force et avant demain, les désordres à Pétrograd". Tels sont les mots du Tsar qui parviennent aux autorités de Pétrograd. Le 11 Mars, la troupe est mobilisée. Les soldats et la police marchent sur les manifestants et ouvrent le feu, tuant cent cinquante personnes. L'empereur l'a décidé ainsi : il n'y aura pas de négociations.

Mais alors que les manifestants reculent dans les faubourgs de Pétrograd, la police montée est attaquée : la 4e compagnie du régiment Pavlovski lui tire dessus, prenant fait et cause pour la population. Le Tsar ordonne l'état de siège afin de tenter de récupérer le contrôle de la ville.

Mais l'ordre de tirer sur la population pousse 2 régiments d'élite à soutenir les manifestants, traumatisés d'avoir été forcés à tirer sur "leurs frères ouvriers", témoigneront-ils plus tard. La nouvelle se répandant dans les rangs de l'armée comme une traînée de poudre, l'intégralité de la garnison de Pétrograd rejoint la révolte au matin du 12 Mars 1917, ouvrant l'arsenal et distribuant armes et munitions à la population.

Dans l'après-midi, un comité constitué de différents militants révolutionnaires s'organise et appelle la population à élire leurs représentants dans le cadre de la formation du Soviet de Pétrograd. La Douma, quant à elle, nomme un comité provisoire pour le retour à l'ordre. Des négociations entre le Soviet nouvellement élu et le comité provisoire de la Douma se tiennent alors durant plusieurs jours.

Le 14 Mars, inquiet des dépêches de la Tsarine restée à Pétrograd, le Tsar, toujours à Moghilev, monte dans le train impérial pour retourner à la capitale rétablir l'ordre. Un peu avant, les nouvelles de la révolte de Pétrograd pousse la population de Moscou à la grève générale, qui aboutira à la création d'un Comité révolutionnaire provisoire. Depuis Viazma, le Tsar enverra à la Tsarine le télégramme suivant : "Constamment avec toi en pensée. Temps superbe. J'espère que vous vous sentez bien et tranquilles. De nombreuses troupes du front sont envoyées vers vous. Votre tendrement affectueux Nicky". Lorsque l'impératrice Alexandra reçoit ce message, tous les ministres sont en fuite, la ville aux mains des insurgé⋅e⋅s, et les soldats loyaux au Tsar se comptent sur les doigts d'une main.

Nicolas II et ses enfants, devant le train impérial, Printemps 1914

En début de soirée, alors que le convoi impérial rejoint la ligne "Moscou-Pétrograd" à Likhoslavl, au Nord-Ouest de Moscou, un télégramme arrive au Tsar : un comité provisoire de la Douma a été nommé, avec à sa tête Rodzianko fraîchement élu. Le même Rodzianko qui était à la tête de la Douma, que le Tsar surnomme méprisamment "le gros", et qui lui avait envoyé quelques heures plus tôt un télégramme alarmiste que le Tsar avait dédaigneusement ignoré : "La dernière heure est venue. Le sort de la patrie et de la dynastie est en jeu".

La ligne de train est bloquée par les insurgé⋅e⋅s qui tentent d'intercepter le convoi du Tsar. Ce dernier fait machine arrière à Malaïa Vichéra, à une centaine de kilomètres de Pétrograd pour reprendre une petite ligne régionale à l'Ouest, à Dno. C'est ici que l'Empereur apprendra deux mauvaises nouvelles : que le général Ivanov, qu'il avait détourné du front de l'Ouest pour marcher sur Pétrograd, n'est toujours pas arrivé à la capitale, et que la voie conduisant au palais impérial, où attend la Tsarine, est passée sous contrôle des insurgé⋅e⋅s. Le Tsar ne voit plus qu'une seule solution : Pskov, où se trouve le siège de l'état-major du front Nord, sous le contrôle du général Rouzski, loyal envers l'Empereur.

Le général attend le Tsar sur le quai, mais ses objectifs sont différents : il a en tête de faire comprendre à l'Empereur que le monde a radicalement changé, et que pour sauver les Romanov, il va falloir négocier, car l'Empereur a perdu en 48 heures tous les moyens de rétablir l'ordre impérial. L'Empereur doit signer le manifeste que le comité provisoire de la Douma lui a fait parvenir : le Tsar reste l'Empereur de toutes les Russies en titre, mais ne dispose plus d'aucun pouvoir gouvernemental. Les négociations sont âpres et vont durer une bonne partie de la nuit. Finalement, le Tsar accepte les conditions de la Douma, et ordonne dans le même temps au général Ivanov d'arrêter de marcher sur la capitale. Le soulagement de Rouzski ne sera que de courte durée : Rodzianko lui envoie un télégramme sans équivoque : "Je vous informe que vos propositions sont périmées. La foule et la troupe réclament l'abdication."

Fin des Tsars et nouvelle époque

 

La situation en ce 15 Mars est sans issue pour le pouvoir absolu de Nicolas II. Sur les recommandations de ses conseillers, le Tsar décide d'abdiquer une première fois en faveur du Tsarévitch Alexis. Prévenue, la Douma envoie deux émissaires prendre acte de l'abdication. Mais la santé du jeune Alexis, 13 ans, hémophile, inquiète le Tsar : son fils survivra-t-il à la charge de l'Empire, surtout en ces temps troublés ? Lorsque les députés arrivent enfin dans le wagon bleu du train impérial, le Tsar abdique une seconde fois (en théorie illégalement puisqu'il a déjà abdiqué) en faveur de son frère le grand-duc Alexandrovitch. Ce dernier abdique juste après en avoir été informé, mettant fin définitivement au règne des Romanov et au régime tsariste.

Une nouvelle époque s'ouvre, qu'aucun contemporain n'a encore envisagé. C'est bien en Février 1917 (dans le calendrier julien alors en cours en Russie) que la vie des russes est profondément changée. Les Tsars régnaient en maîtres absolus depuis presque quatre siècles. Désormais, inspirés par la Révolution française, c'est la République que demandent et veulent faire vivre beaucoup de russes. C'est en Février que la vie de la population russe change radicalement, libérée du joug absolutiste des empereurs.

Pourtant, la Première Guerre Mondiale continue de faire rage, et le gouvernement provisoire ne semble pas vouloir l'arrêter. Une note secrète parvient aux français et aux anglais, promettant le soutien de la Russie jusqu'à la victoire. Le Kaiser Guillaume II comptait sur la Révolution pour mettre fin à la guerre sur son front Est : il n'en est rien. Les bolcheviks, quasiment les seuls à proposer la paix, sont alors minoritaires dans les élections qui se tiennent partout dans le pays.

Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, est en exil en Suisse, à Zurich, au moment des événements. Il vient de finir son livre "L'impérialisme, stade suprême du capitalisme" où il décrit les mécaniques à l'œuvre menant aux affrontements inévitables des impérialismes, de par la nature même du capitalisme. La Révolution de Février le prend aussi de court. Ainsi écrivait-il en Janvier 1917, à propos de la Révolution russe de 1905 : "nous, les vieux, nous ne verrons peut-être pas les luttes décisives de la révolution imminente".

Lénine, tête de proue du mouvement bolchevik, est le meilleur atout du Kaiser pour arriver à une paix à l'Est, ou du moins un affaiblissement conséquent de l'ennemi. Lénine monte donc dans un train qui fera le voyage, par l'Allemagne, jusqu'à Petrograd d'une seule traite, sans qu'aucun contrôle d'identité ne vienne perturber le voyage. En huit mois, les bolcheviks, minoritaires dans tous les soviets en début d'année, deviendront une force politique et armée renversant tout sur son passage, jusqu'au putsch d'Octobre 1917, l'Octobre Rouge.

Mais cela, c'est une autre histoire...

Sources

  • La Révolution de 1917 (volume 1 : La chute du tsarisme et les origines d'Octobre), Marc Ferro, Aubier
  • Les Romanov 1613-1918, Simon Montefiore, Calmann-Lévy
  • GeoHistoire n°31, Février-Mars 2017
  • La Roue Rouge, Mars 17, Alexandre Soljenitsyne, Fayard
  • Histoire de la révolution russe (Tome 1), Léon Trotsky, Seuil
  • Les révolutions russes, Nicolas Werth, PUF
  • Wikipédia : Révolution de Février, Saint-Pétersbourg, Première Guerre Mondiale

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Barbarie Française

Rédigé par LLM le 14 juillet 2016

Y a des types qui sont fiers d’être français. C’est pas moi, nom de Dieu ! Quand je vois les crimes que nous, le populo de France, nous laissons commettre par la sale bande de capitalistes et de gouvernants qui nous grugent — eh bien, là franchement, ça me coupe tout orgueil !

Au Tonkin par exemple, dans ce bondieu de pays qu’on fume avec les carcasses de nos pauvres troubades, il se passe des atrocités.

Chacun sait que les Français sont allés là-bas pour civiliser les Tonkinois : les pauvres types se seraient bougrement bien passés de notre visite ! En réalité, on y est allé histoire de permettre à quelques gros bandits de la finance de barboter des millions, et à Constans de chiper la ceinture du roi Norodom.

Ah nom de dieu, il est chouette le système qu’emploient les Français pour civiliser des peuples qui ne nous ont jamais cherché des poux dans la tête !

Primo, on pille et chaparde le plus possible ; deuxiémo, on fout le feu un peu partout ; troisiémo, on se paie de force, pas mal de gonzesses tonkinoises — toujours histoire de civiliser ce populo barbare, qui en bien des points pourrait nous en remontrer.

Ca c’était dans les premiers temps, quand on venait d’envahir le pays ; c’est changé maintenant, mille bombes, tout est pacifié et les Français se montrent doux comme des chiens enragés.

Pour preuve, que je vous raconte l’exécution du Doi Van, un chef de pirates, qui avait fait sa soumission à la France, puis avait repris les armes contre sa patrie, à la tête de troupes rebelles.

Pas besoin de vous expliquer ce baragouin, vous avez compris, pas les aminches ? Les pirates, les rebelles, c’est des bons bougres qui ne veulent pas que les Français viennent dans leur pays s’installer comme des crapules ; c’est pas eux qui ont commencé les méchancetés, ils ne font que rendre les coups qu’on leur a foutus.

Donc, Doi Van a été repincé et on a décidé illico de lui couper le cou. Seulement au lieu de faire ça d’un coup, les rosses de chefs ont fait traîner les choses en longueur. Nom de dieu, c’était horrible ! Ils ont joué avec Doi Van comme une chat avec une souris.

Une fois condamné à mort, on lui fout le carcan au cou, puis on l’enferme dans une grande cage en bois, où il ne pouvait se remuer. Sur la cage on colle comme inscription : Vuon-Vang-Yan, traître et parjure. Après quoi, huit soldats prennent la cage et la baladent dans les rues d’Hanoï. A l’endroit le plus en vue on avait construit une plate-forme ; c’est là qu’on a coupé le cou à Doi Van avec un sabre — après avoir fait toutes sortes de simagrées dégoûtantes.

L’aide du bourreau tire Doi Van par les cheveux, le sabre tombe comme un éclair, la tête lui reste entre les mains, il la montre à la foule et la fait rouler par terre. On la ramasse car elle doit être exposée au bout d’un piquet, afin de servir d’exemple aux rebelles.

Ah, nom de dieu, c’est du propre ! Sales républicains de pacotille, infâmes richards, journaleux putassiers, vous tous qui rongez le populo plus que la vermine et l’abrutissez avec vos mensonges, venez donc encore nous débiter vos ritournelles sur votre esprit d’humanité ?

Vous avez organisé bougrement de fêtes pour le centenaire de 89 — la plus chouette, celle qui caractérise le mieux votre crapulerie, c’est l’exécution du Doi Van. C’est pas sur un piquet, au fin fond de l’Asie, dans un village tonkinois, qu’elle aurait dû être plantée, cette tête.

Foutre non ! Mais c’est bien au bout de la tour Eiffel, afin que dominant vos crimes de 300 mètres, elle dise, cette caboche, au monde entier, que sous votre républicanisme, il n’y a que de la barbarie salement badigeonnée.

Qui êtes-vous, d’où venez-vous, sales bonhommes, vous n’êtes pas nés d’hier ? Je vous ai vus, il y a dix-huit ans, votre gueule n’a pas changé : vous êtes restés Versaillais ! La férocité de chats tigres que vous avez foutue à martyriser les Communeux, vous l’employez maintenant à faire des mistoufles aux Tonkinois.

Que venez-vous nous seriner sur les Prussiens, les pendules chapardées, les villages brûlés ? (...) Ils n’ont pas commis, nom de dieu, la centième partie de vos atrocités, Versaillais de malheur !

Ah, vous n’avez pas changé ? Nous non plus : Versaillais vous êtes, Communeux nous restons !

Émile Pouget

Le Père Peinard, n°45, 12 Janvier 1890

Source :

LDH de Toulon : http://ldh-toulon.net/barbarie-francaise-par-Emile.html

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Au travail !

Rédigé par LLM le 19 février 2016

Il y a quelques mois, je me lançais dans un détricotage de la pensée keynésienne actuellement sur le retour, en particulier dans des partis spécialement créés pour l'occasion tel que Nouvelle Donne par exemple. La fumisterie keynésienne est une anesthésie : par l'action de prétendre redonner un peu de valeur au travail exploité, elle empêche de penser plus loin, prétendant avoir réglé le problème.

J'avais donc commencé par expliquer un point de départ de mon analyse : le travail, au sens large. J'ai ensuite commencé à plancher sur les autres sujets : le salaire, le travail salarié, le profit, la valeur... Et plus je tissais, plus le fait de démonter la fumisterie keynésienne semblait presque hors de propos, anecdotique.

En effet, lorsque les mécanismes du travail, du salaire, du profit, du prix, de la valeur sont connus, le keynésianisme ne peut qu'apparaître comme, au mieux, une "fausse bonne idée". Alors quoi ? On s'arrête là ?

Non. Car le keynésianisme n'est qu'une facette d'un problème : le capitalisme.

Sauf que le Capital, il a déjà été expliqué.

Alors quoi, on arrête là ? "cf. Le Capital, Marx et Engels, 1894 Editions Plon" ?

Non. Parce que si les mécanismes ont été décrits et sont toujours à l'œuvre aujourd'hui, il n'y a pas besoin de le lire pour comprendre comment ça fonctionne "en gros". Et au final, c'est ça qui m'intéresse : que les gens qui me lisent comprennent "en gros". Je ne suis pas un expert, et pour les détails et les conversations poussées, on peut toujours en discuter par la suite. Comprendre le mécanisme général est un pas primordial dans la compréhension d'un système complexe. Voyez ça comme un pied à l'étrier, forcément incomplet mais le plus juste possible.

On peut simplement comprendre le capitalisme, comment il fonctionne, pourquoi il est, par nature, préjudiciable au bien commun et donc à nous tous. On peut TOUS le comprendre. Et c'est vital pour comprendre le monde d'aujourd'hui, ce qui se prépare demain, l'Histoire et ne pas se tromper de cible dans notre colère.

Du coup, je vais réorienter la série, qui sera donc plus longue, mais aussi plus complète. Nous allons donc nous intéresser, dans les prochains mois, à essayer de comprendre ce qu'est le Capital et le capitalisme, par une analyse à travers le travail, qui est au centre des préoccupations d'aujourd'hui à travers le sujet du chômage, et en quoi il s'agit bien de la "cause première" de nombreux maux, en dégommant quelques fumisteries au passage (sur le chômage, le temps de travail, la nécessité du patronat, le poids des "charges" des entreprises, la pensée keynésienne, le revenu de base, etc.).

Parce que le Capital, c'est capital.

(meilleure punchline de tous les temps)

Crédits photo : bonne question, j'avais ça dans mes images, mais je n'ai pas la source. Mais je vais retrouver et j'éditerai.

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Que faire de la colère ?

Rédigé par LLM le 10 décembre 2015

La colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance, la souffrance mène au côté obscur de la Force.

La colère est un sentiment qu'on peut légitimement éprouver au soir du 6 Décembre 2015, date à laquelle le FN arrrive en tête dans 6 régions françaises. Pourquoi ? Comment ? Malheureusement, on ne le sait que trop bien.

Déchéance de nationalité, police aux pleins pouvoirs, interdiction des manifestations, surveillance généralisée, assignation à résidence de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un militant, état d'exception voulu permanent, voilà ce qu'est notre quotidien aujourd'hui. Et force est de constater que ça ne dérange pas grand monde. Après tout, ça ne les concerne pas directement, vu qu'on sait très bien vers quelles populations cette politique se tourne.

Or il s'agit là, exactement, de la volonté du FN.

Exacerbée par une crise dont le gouvernement ne veut surtout pas sortir, toute une partie de la population pointe du doigt les personnes qui ne leurs ressemblent pas. "Ensemble, unis, dans nos différences", un principe bien vite oublié lorsqu'on nous vend de la peur à longueur de journée dans tous les médias. Et puis, ces perquisitions, ces violences policières, ces restrictions de libertés, ces expulsions, ça ne nous concerne pas, pas vrai ?

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait personne pour protester.

Puisque cette politique est aujourd'hui acceptable, puisqu'utilisée par des personnes qui se prétendent de gauche, alors il n'y a aucun problème à voter pour ces personnes qui promeuvent cette politique depuis des années. Prétendre qu'une politique est acceptable entre certaines mains mais pas dans d'autres est une fumisterie qui ne marche pas, même lorsque ça fait plus de 30 ans qu'on prend les électeurs pour des gamins.

Pour autant, le votant FN est-il un con ?

Si ça détend de le dire, rien n'est plus faux. Bien sûr, on pourrait le dire de la "base dure" qui a toujours voté FN et qui a tendance à lever le bras droit lorsque quelqu'un se cogne dans un coin de porte. Mais ces individus ne constituent plus aujourd'hui la majorité de l'électorat FN. Le vote FN est un vote à la con, certes, mais essentiellement un vote de protestation en l'absence de culture politique et/ou d'éducation populaire. L'adulte éduqué, avec une conscience historique et politique, connaît tout le danger et la voie sans issue que représente l'extrême-droite. Or ces consciences sont certainement les plus mal partagées, en raison tout particulièrement d'une politique d'éducation populaire totalement absente depuis plus de 30 ans.

À cette absence d'éducation populaire s'ajoute la fumisterie du système électoral. En effet, face à une élection, nous n'avons que 3 cas de figure pour un électeur donné :

  1. Il a donné sa voix au gagnant : il doit donc se taire car c'est ce pour quoi il a voté, quand bien même l'élu ne respecte pas son programme, l'électeur aurait dû le savoir et c'est donc de sa faute.
  2. Il a donné sa voix à un perdant : il doit donc se taire car c'est la "démocratie", la minorité se tait devant la majorité.
  3. Il n'a pas voté : il doit donc se taire car il n'avait qu'à voter.

 

Cette fumisterie qu'est la démocratie représentative est aujourd'hui obsolète, d'autant plus à l'heure où les communications facilitent les initiatives citoyennes de masse et que les outils de partage et collaboratifs sont devenus habituels et relativement maîtrisés par la population. C'est un des impacts directs de la révolution politique aujourd'hui à l'œuvre, et qu'il serait dommage de gâcher en se laissant aller à la facilité de l'extrême-droite, qui a, certes, une avance considérable dans le domaine de la maîtrise des outils numériques.

Il reste cependant beaucoup d'espoir. Commençons par constater que le FN n'est pas présent où la gauche applique un programme de gauche. Là où la justice sociale fonctionne à peu près, le FN n'arrive pas à prendre pied. L'extrême-droite s'étend avec la misère sociale et politique. Elle recule avec la justice sociale, elle disparaît avec une vie politique saine.

Alors que faire ?

Que faire face à la peste brune ?

La colère de doit pas nous mener à haïr l'Autre, mais à nous demander ce que nous pouvons changer, améliorer, autour de nous et dans la société.

Comme face à toute maladie (la montée de l'extrême-droite étant une maladie démocratique), il y a 2 moyens complémentaires et à mener de front : le traitement et la prévention.

Le traitement, c'est de mettre en place, enfin, une vraie politique de gauche, pour commencer. Soutenir les salariés, aider les personnes en difficulté, sanctuariser les services publics, développer la solidarité par des investissements publics, protéger les libertés fondamentales, etc. bref, tout ce qu'on est en droit d'attendre de la gauche. C'est de proposer un projet de société aux antipodes de la haine et des réductions des libertés.

La prévention, le vaccin, c'est d'éduquer les adultes et jeunes adultes pour qu'ils soient réellement des citoyens à part entière, avec une conscience historique, politique et scientifique. Arrêter de les prendre pour des enfants tout au long de leur vie, avec comme seul espoir d'éveil qu'ils rencontrent, à un moment donné, par hasard, une initiative d'éducation populaire.

Ça sera déjà le premier pas dans la bonne direction.

Enfin.

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Crédit photo : anakinworld.com

N.B. : Cet article a été écrit au soir du 6 Décembre et a été très peu retouché depuis. Il constitue un axe de réflexion "sur le coup" mais en aucun cas une solution complète clé en main : tout reste à faire, mais on connaît déjà les premières briques et la direction à prendre.

Classé dans : Militantisme - Mots clés : aucun -

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